Jean-Claude Le Floch
        est né à Brech [Morbihan] le 22 mai 1945
        il vivait et travaillait en Bretagne depuis 1973
        décédé le 20 août 2009


1950-1962 Études à Lorient

1962-1967 Études à l'École des Beaux Arts de Lorient - Diplôme

1969 Installation à Paris

Formation dans deux ateliers d'imprimerie en taille-douce ( atelier de Manuel Robbe et Georges Visat ).
Il imprime les planches de Hans Bellmer, Roberto Matta, Max Ernst.

Jean-Claude Le Floch participe également à la réalisation de divers ouvrages de bibliographie.

1986-1988 Enseigne aux Beaux - Arts de Lorient.


    œuvres dans les musées et collections publiques

Musée de la Cohue, Vannes
Musée des jacobins, Morlaix
Fond Régional d"Art Contemporain de Bretagne
Bibliothèque nationale de Paris


    expositions de groupes

1971
"Le Trait", Paris

1980
Entre dans l'équipe des graveurs  de la Galerie La Hune, Paris

1982
Salon des indépendants, Paris Salon de Mai (Espace Cardin), Paris

1984
Salon de Dol , Bretagne
Jumelage franco-allemand, Dattenberg, Allemagne
Press Papier 84, Strasbourg
Quatrième Biennale de la Gravure Européenne, Baden-Baden, Allemagne

1985
Salon de Mai, Grand Palais, Paris

2008
mt-galerie 'la petite boutique', Douarnenez

2009
mt-galerie, abbaye de Coat Malouen, Kerpert


    expositions personnelles

1973
Galeries des Beaux -Arts, Vannes

1977
Galerie Bourlaouen, Nantes
Galerie des Beaux-Arts, Lorient
Galerie Nieuwe Weg à Doorn, Hollande

1981
Galerie Keringar, Le Conquet
Galerie des Arts et Lettres, Saint Nazaire

1982
Bibliothèque Municipale de Brest
Galerie Impact, Vannes
Galerie Nieuwe weg à Doorn , Hollande
Galerie La Hune , Paris

1983
Galerie de l'Epée, Quimper
Galerie- Librairie Le Moussu, Lorient
Galerie L'Herbe Rouge, Morlaix

1984
Galerie Nieuwe weg à Doorn, Hollande
Galerie "Espace L'Orient", Lorient

1987
Galerie La Hune, Paris
Institut Français de Tel-Aviv

1988
Galerie Méridienne, Vannes
Galerie du Verneur, Pont Aven
Saga, stand La Hune, Grand Palais, Paris
Vigo, mois de mai, Espagne

1989 
Galerie Artialis, Rennes
Saga, stand La Hune, Grand Palais,Paris
Jumelage franco-allemand, Pulheim , Allemagne
Galerie La Hune, Paris

1990
Galerie Méridenne, Vannes
Saga, stand La Hune, Paris
Salon de Mai, Grand Palais, Paris

1991
Galerie du Verneur, Pont Aven
Salon de Mai, Grand Palais, Paris
Galerie de la Pleau, Toulouse

1992 
Galerie Les Arcades, Montflanquin
Écomusée, Inzinzac-Lochrist

1993
"La Fleur de Lire", Médiathèque Lorient
Café Littéraire, Lorient
"Rencontre autour du livre d'artiste"

1994
Hôtel de ville, galerie le rotonde, Lanester
Galerie Miguel de Agustin, Helsingborg, Suède
3è Salon Internationnal de la Gravure, Nantes
Galerie 27, Rennes
Institut Universitaire de Formation des Maîtres, Vannes

1995
Bibliothèque Municipale, Quimper
Château Prieural de Monsempron Libos (Lot et Garonne)
Médiathèque, Lorient
Bibliothèque Municipale, Nantes
Centre Socio-culturel, Hennebont
Bibliothèque Départementale de prêt, Vannes
Atelier d'Estienne, Pont-Scorff
Espace Ouest-France, Rennes

1996
Atelier d'Estienne, Pont-Scorff
Galerie l'Art du Temps, Vannes
KNA Studio, Nantes
Galerie Fradin, Nantes
Galerie du Faouëdic, Lorient
Galerie du Verneur, Pont-Aven
Les Tombées de la Nuit, Espace Orphée, Rennes

1997
Salon de la petite Edition, Quimper
"60 graveurs", Centre d'art Passerelle, Brest
"Eté 97" Chapelle Saint-Esprit, Auray

1998
Musée de la Cohue, espace gravure, installation, Vannes
Galerie Ovadia, Nancy
Bibliothèque Condorcet, Montivilliers (Le Havre)
Galerie Passerelle du Blavet, Hennebont

1999
Galerie, Saint-Aignan sur Cher
Manoir de Kerazan, Loctudy

2000
Manoir de Kernault, Mellac

2001 
Musée de la Cohue "Horizons", Vannes

2002
Hôtel de Ville, galerie le rotonde, Lanester
Bibliothèque Municipale, Kervignac
Mémoire Ouvrière, Lorient

2003 
Chapelle Saint-Pierre, Port-Louis
Chapelle du bourg, Arradon

2005
Galerie du Faouëdic, Lorient.

2009
Bibliothèque, Bannalec


Un feu pour brûler la nuit


''Je fis un feu, l'azur m'ayant abandonné, / Un feu pour être son ami, / Un feu pour m'introduire dans la nuit d'hiver, / Un feu pour vivre mieux'' écrivit Paul Eluard pendant la première guerre mondiale. Ces quelques vers pourraient aisément coïncider avec la démarche de Jean-Claude Le Floch qui a fait du feu de l'acide son précieux adjuvant pour nous guider dans son univers singulier. Et cet ami fait de lui un Prométhée moderne, qui aurait dérobé dans l'Olympe de ses ancêtres forgerons ce feu, qu'il a apprivoisé pour nous offrir dans ses gravures tout son éclat et sa chaleur. Ses œuvres éclairent ainsi notre nuit d'hiver. Tout en nous éloignant des frimas de la banalité quotidienne, elles nous sauvent de l'ennui.
La gravure, pour ce voleur de feu, est aussi son oxygène pour vivre mieux, un amer qui oriente toute sa vie et qui l'empêche de sombrer dans le flux versatile du quotidien. Mais elle est surtout sa peau même ou se lisent les repères de ses portulans intérieurs, son passeport d'homme et d'artiste. Ce feu, comme Eluard, il l'a nourrit de tout ce que la vie a donné : la liberté des langues, l'odeur des pinèdes, les larcins des tempêtes abandonnés aux grèves, les lumières du ciel et de l'eau, laissant ainsi entrevoir l'arrière-pays d'une enfance chauffée aux légendes de ce feu, et émerger des lieux de sable, où la mer disputée par les vents jaloux vient effeuiller le silence et où la rouille des couchants cède aux effusions des vagues intarissables. En quarante ans de gravure, son œuvre a exploré des variations chromatiques pour mieux énoncer sa fable du monde et héler les mystères.
Le poète portugais Nino Jùdice écrit que ''ce que le regard ne peut atteindre, cependant , les mots le peuvent et le poète, dans son poème, illumine l'obscurité d'une vie invisible''. Jean Claude Le Floch s'inscrit dans cette lignée de créateurs, car ses œuvres dessillent notre regard. Elles sont comme autant de ''torches mentales'' sur nos côtes de naufrageurs qui nous guident dans l'obscurité du monde et révèlent des présences cachées, des lieux insolites et insoupçonnés et nous font toucher  d'incroyables Florides .
Il met de la couleur sur la nuit et lui invente même une cinquième saison qui conjugue toutes les autres. En gravant, parfois comme enivré par une cécité indomptable, il accomplit alors une sorte de miracle profane, où les silhouettes des grands maîtres qui l'ont accompagné recréent autour du feu une singulière fraternité.
Il n'est pas une phalène, encore moins un Icare de bazar, qui aurait brûler des ailes aux lumières des modes. Il a su prendre son envol et laisser sur le cuivre la trace d'une écriture reconnaissable, loin des marchés de dupes. Et ses doigts brûlés par les couleurs et l'encre étonnent encore par leur inflexion silencieuse adoubant les vélins ou les vers d'un poète composent avec ses voyelles de lumière une amicale partition.

Alain Le Beuze